Monthly Archives: mars 2014

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Au boulot les feignasses !

 

Yassas !

On bêche, on sème, on arrose, on nourrit les abeilles, et on ne prend plus le temps de donner des nouvelles… Non, soyons honnêtes, nous ne travaillons pas si dur que ça. Quelques heures par jour, tout au plus, en échange du gîte et du couvert. Mais c’est qu’en six mois, nous en avons perdu l’habitude, pardi !

Vasiliki, notre hôte, est un sacré bout de femme. Dotée de nombreux talents, dont un qui fait notre plus grand bonheur : la cuisine. Nous sommes au régime vegan depuis maintenant deux semaines et, pas un seul instant, le fromage, la viande, les oeufs ou le lait ne nous ont manqués. Chaque jour, “Vaso” prend un malin plaisir à surprendre nos papilles. Ce dimanche, elle nous a littéralement bluffés avec sa moussaka. Il faut dire qu’avant d’être apicultrice, elle était cuisinière  sur une île grecque. Pour une première expérience de woofing, nous sommes donc bien tombés !

Nous sommes contents de faire une petite pause, car nous avons peiné avant d’atteindre Thisvi, son village. Nous avons enchaîné trois cols sur une route à camions : 30 km de montée sur une chaussée étroite et sinueuse. Quand les gros transporteurs nous doublaient, on avait bien peur de finir dans le fossé.

Mais nous sommes arrivés sains et saufs. Et depuis, malgré le “boulot”, nous sommes bien reposés. Nos journées suivent le rythme de Vasiliki. Le matin, après un solide petit déjeuner, nous nettoyons l’écurie d’Asteris, son cheval. Ensuite, en fonction des besoins, nous bêchons quelques heures, retirons les feuilles mortes, balayons la terrasse, cassons des amandes ou des arbres morts. A la pause, nous avons droit à un délicieux jus de fruits fraîchement pressés. Vers 15 h, nous passons à table. Nous faisons une petite sieste et nous retravaillons jusqu’aux alentours de 18 h.

Bref, la vie est paisible à la campagne. Nous sommes heureux d’avoir trouvé une excellente façon de tuer le temps en attendant nos pièces de vélo. Demain, nous attaquons la taille des oliviers. Cela devrait nous prendre cinq jours.

Et dans une semaine, nous partirons à Athènes, où nous avons enfin trouvé une solution d’hébergement. Ce sont deux amis de Vasiliki, un Mexicain et un Argentin, qui nous ont invités à rester chez eux tant que nous le voudrons. Chanceux, oui, nous sommes très chanceux.

On vous embrasse bien fort. A la prochaine pour d’autres nouvelles !

 

 

Au ralenti…

Kalimera !

Comme en témoignent nos sombres photos, le temps n’est pas au beau fixe en Grèce. Nous espérons chaque jour une éclaircie qui, pour l’instant, ne pointe pas le bout de son nez. C’est donc sous un ciel couvert que nous avons pédalé cette dernière semaine. Cela ne nous a pas empêchés de profiter des  visites de Mystras, une ancienne ville byzantine, et du splendide théâtre d’Epidaure où nous avons chanté “Les copains d’abord”. Peut-être que la pluie n’a pas cessé à cause de nous…Tant pis, on a bien ri !

Depuis Sparte, nous avons fait l’ascension d’un long col jusqu’à Tripoli, puis nous avons foncé en descente direction Paralio Astros, où nous attendait Giorgis, notre hôte warmshower. Tranquille, il nous a remis les clés de son appartement avec vue sur la mer. Nous y avons passé deux journées reposantes, à coups de tavelli et de lecture.

Nous sommes ensuite repartis en direction de Nafplio, “la ville de l’amour”, où nous avons posé notre tente entre deux forteresses sur la plage. Là-bas aussi, nous nous sommes arrêtés deux jours. Nous y avons croisé deux Français fort sympathiques, des artistes propriétaires d’une maison dans le Péloponnèse. Après avoir essayé le biclou, ils nous ont invités pour le café. Nous avons aussi refait le monde avec une autre Française, patronne d’un restaurant-bar où nous buvions nos cafés frappés.

Mais pourquoi glandons-nous autant, nous direz-vous ? Ce n’est pas de gaieté de cœur, franchement. Nous attendons les pièces de réparation du vélo qui doivent arriver à Athènes. Mais voilà. Elles ne sont toujours pas parties de Lyon. Donc nous attendons. Sachant que cela mettra au moins deux semaines, nous avons fini par trouver une solution pour patienter moins bêtement. Nous nous sommes inscrits sur le site de woofing HelpX. Nous allons donc passer dix jours à Thisvi, chez Vasiliki, une apicultrice confiturière. Cela nous permettra de nous immerger dans la vie quotidienne d’une Grecque tout en nous rendant utiles.

Il nous reste un col de 25 km à passer avant d’arriver chez elle. C’est au programme de demain. Ce soir, nous retournons dormir au camping de Kineta. La patronne nous laisse sa caravane, c’est le pied !

 

 

 

 

 

 

10 000 !

 

Yassas !

Le temps n’étant pas au beau fixe, nous nous accordons une journée de trêve à Sparte. Pour le prix d’un emplacement classique, le gérant du camping a ouvert une chambre pour nous, avec chauffage et électricité. Qui l’eut cru ? C’est le grand luxe chez les Spartiates !

Nous venons de franchir le cap des 10000 km et ça nous fiche un sacré vertige. D’autant plus que cette semaine, nous avons bien cru que le voyage allait s’arrêter net. Notre pédalier nous a lâchés dans l’ascension d’un col après Methoni. Crac ! Plantés. Au beau milieu de la montée, à 18 km du village le plus proche… Nous avons poussé le biclou sur quelques bornes avant de croiser une famille en 4×4. Nous leur avons expliqué la cause de notre déveine et sans attendre, la dame a pris son téléphone portable pour appeler un ami équipé d’un pick-up. Une heure plus tard, Panagiotis, notre sauveur, est arrivé au volant de sa Fiat blanche. Hop ! On a mis le vélo dans le coffre et il nous a amenés jusqu’à Koroni, où sa femme Dora avait mijoté un excellent repas pour nous. C’est donc ça, la philoxenia !

Restait à rejoindre Kalamata, la plus grosse ville alentour, pour trouver un vélociste. Nous avons tenté le bus, sans succès. Panagiotis nous a une seconde fois sauvé la mise en embarquant le vélo dans son pick-up, pour 50 km. Même pas moyen de lui payer l’essence…

Mais une fois à Kalamata, nous n’étions pas encore tirés d’affaire. Le premier magasin de vélos sur lequel nous sommes tombés était bien piteux. L’employé y allait à coups de marteau et de burin pour démonter le pédalier. Tout ça pour nous dire que la réparation était impossible et que nous ne trouverions jamais les pièces de rechange en Grèce. Bon. Nous avons erré à la recherche d’un autre vélociste et nous sommes tombés cette fois sur un type compétent. En moins d’une heure, il avait réparé la bête. Nous sommes repartis soulagés sur notre fidèle destrier, en direction des montagnes du Magne.

Trop heureux de pouvoir pédaler, nous avons avalé sans broncher la montée de 20 km qui nous séparait de Kadarmily, village où nous avions rendez-vous avec notre hôte warmshower. Adrian, 40 ans, est américain. Il vit en Grèce depuis quelques mois. Nous sommes restés deux jours en sa compagnie et celle de sa chatte Pipi, un sosie de notre petite Pitoune. Nous avons passé des heures à parler de vélo, de voyage, de philosophie. C’était vraiment agréable. Adrian nous a fait un beau cadeau en nous apprenant les règles du tavelli, le grand jeu national grec. Idéal pour tuer le temps. A fond dedans, nous en avons acheté un miniature. Pour l’instant, Antoine gagne à tous les coups. Mais Catherine s’accroche et ne désespère pas. Un jour, elle l’aura, sa revanche !

Après cette pause détente à Kadarmily, nous avons passé deux sérieux cols. Le boîtier de pédalier présentant déjà un peu de jeu, nous avons décidé de couper les montagnes pour sortir de cette région si jolie. Nous avons atterri à Githio, ville où Aube Dorée, le parti fasciste, a pignon sur rue…A l’abri des regards indiscrets, nous avons planté notre tente sur une petite île reliée au port par un pont.

Hier, nous avons pédalé toute la journée sous la pluie afin d’atteindre Sparte et surtout Mystra, un site historique qui promet d’être chouette. Nous le visiterons demain sous un ciel plus clément.

Voilà. C’est tout pour aujourd’hui. On vous embrasse et on vous dit à la semaine prochaine !