Monthly Archives: janvier 2014

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Camion, bateau, train, vélo…

 

Salut la compagnie !

Plus de Ricetons pour rédiger notre billet hebdomadaire, les vacances dans les vacances sont bel et bien finies… Et qu’est-ce que c’était chouette ! On a eu du mal à se remettre de l’au revoir. Même tonton Antoine a versé sa petite larme sur le biclou.

Il nous reste donc à vous raconter la fin de cette aventure commune. Nous vous avions quittés avant d’attaquer la Sicile baroque et ses milliers de marches (les enfants ont compté, les adultes ont trinqué). Caltagirone, Ragusa, Modica, Noto et Syracuse. Nous étions contents d’être en camion pour passer d’une ville escarpée à l’autre. Dans les rues, il fallait marcher le nez en l’air pour admirer toutes les drôles de fioritures accrochées aux façades. Y’avait du monde au balcon, comme l’ont fait remarquer les garçons. Malgré leurs points communs architecturaux, chacune des villes avait son identité propre. Et nous avons longuement échangé sur nos préférences respectives. Mais Modica, peut-être grâce à son chocolat, a fait l’unanimité.

Nous avons ensuite rejoint notre camp de base sur l’Etna où nous avons passé une soirée mémorable chez Sandro, le roi des antipastis, de la pizza et des vins nature. Le lendemain matin, étonnamment sans mal de tête, nous avons tous repris les vélos pour dévaler les pentes du volcan jusqu’à la mer. Même la petite Jeanne a fait un bout de chemin avec nous !

Pendant que nous passions la barre des 8000 kilomètres avec Paul et Marie, le camion balai se chargeait de trouver un beau spot sur la plage. Olivier avait la pression. Il fallait que ce soit à la hauteur de ses 40 ans à fêter. Mission accomplie. Il a soufflé ses bougies en Sicile, sous les étoiles et après avoir bu notre cru 2014 : le Stromboli. Une petite dose de limoncello pour un grand godet de vin blanc. Idéal pour les grands moments 😉

Mardi matin, cette fois, c’était le grand départ. Après un bon cappuccino en famille, nous avons largué les amarres, « direction notre histoire ». Nous nous sommes quittés en chantant la chanson préférée de Juju.

De nouveau seuls sur notre biclou, nous avons rejoint Messine pour prendre le bateau et retrouver la Calabre. Un peu nostalgiques de la famiglia, nous avons eu la chance de tomber sur Joseph et Dany au moment de chercher le campement. Ce couple de Français expatriés nous a autorisés à planter au pied de son camping car. Et au réveil, c’était croissants, oranges, olives et œufs durs pour le pique-nique. La totale ! Requinqués, nous avons repris la SS 106.  Mais cette route est dangereuse et nous avons réalisé que nous étions à la traîne dans notre périple. Une fois n’est pas coutume, nous avons cherché la gare la plus proche. Tant bien que mal, nous avons enchaîné les petits trains de campagne pour avancer plus vite. Et une chose est sûre, nous nous sommes mis tous les contrôleurs à dos. Le moins commode nous a certifié que notre biclou n’était pas un vélo. « Ma che non e una bici !!!! », répétait-il en agitant la main les doigts vers le haut. Héhé !

Entre deux treni, nous avons pédalé 100 km dans une pampa plutôt hostile. A Crotone, alors que nous étions en train de faire demi-tour, cinq chiens se sont mis à notre poursuite au milieu des bagnoles. Antoine a usé du bâton comme un chef. Le soir même, en hommage à Marie et Olivier, nous sommes allés acheter une bouteille de vin (du Ciro) dans une cave. Le patron nous a offert de dormir dans son bed and breakfast en travaux, et son ami œnologue nous a offert une bouteille de mousseux tellement bon qu’on dirait du Champagne.

Nous avons repris le train de Ciro à Sibari. A l’arrivée, un monsieur nous a offert des oranges. Le premier d’une longue série sur cette route multivitaminée de Calabre.

Aujourd’hui, notre objectif était Taranto et nous y sommes arrivés après 100 kilomètres venteux sur l’autoroute. Nous sommes épuisés mais heureux d’avoir franchi cette étape. Nous avons trouvé un camping ouvert et demain matin c’est douche chaude. Cap sur les Pouilles !

Des retrouvailles éruptives

 

Ciao a tutti !

Nous tardons un peu à poster les dernières nouvelles car les vacances en famille ont été bien remplies. Marie et Olivier ont travaillé d’arrache-pied pour vous les raconter. Bonne lecture et à la prochaine ! Antoine et Catherine.

Cela fait maintenant plus d’une semaine que nous avons retrouvé Catherine & Antoine, mais cela nous paraît bien plus long tant nous avons partagé d’aventures.

Nous avons fêté nos retrouvailles à Taormina, par un petit campement sauvage au bord de l’eau.

Les Horiot arrivent: “Mais où sont les vignes par ici ?”

Dès le lendemain, cap sur l’Etna, nous faisons 2 équipes : 4 biclous-relais et le camion-balai. Jamais le fameux dicton Sicilien n’a été si vrai: “Quand le cycliste a la mer dans le dos, ça va monter haut !” 900m de dénivelé récompensé par une vue imprenable sur le volcan en activité. Nous sommes accueillis par Frank, vigneron à Solicchiata. Il nous guide vers ses vignes en terrasse sur les pentes de l’Etna et nous y installons notre campement pour plusieurs jours.

Nous passons une excellente soirée avec Frank & sa famille autour de ses jolis vins nature, chez Sandro qui nous régale avec de belles pizzas.

Nous profitons de ce camp de base pour explorer la région:

-randonnée sur l’Etna “fumant” entre sable volcanique et neige.

-visite de Catane & son marché aux poissons. Nous en profitons pour dégoter un beau morceau de thon qui nous régalera le soir au campement.

-découverte de la côte Ionienne où les enfants escaladent les rochers sous l’oeil des “Cyclopes”

Nous nous sentons bien sur l’Etna, mais il est temps d’explorer d’autres horizons; les volcans et les reliefs nous tentent tant que nous décidons de laisser les vélos et partons tous ensemble en camion. En route donc vers les Iles Eoliennes; Après délibération, c’est le Stromboli qui devient notre objectif.

Nous arrivons de nuit en “bateau volant” (Aliscafo). Nous dormons dans une petite pension au pied de l’île-volcan. L’île sans voiture est agréable à parcourir, le village est un labyrinthe de ruelles et petite maisons blanches et bleues. Nous nous croyons en Grèce !

Nous préparons l’ascension du volcan parmi les plus dangereux du monde avec Béatrice notre guide. Tout d’abord une giga pasta partagée avec Sergio, un espagnol qui fera l’expédition avec nous. Il y a une grimpette de 900m de dénivelé: un challenge pour Jeanne. Nous sommes tous très excités… Passé 700m d’altitude, le volcan fait entendre un premier grondement qui nous donne des frissons. Ce n’est que le début. Nous arrivons au dessus des cratères au coucher du soleil, l’ambiance est magique ! C’est avec émotion que nous assistons aux premières explosions. Nous nous sentons tout petits et très soudés. Entre deux éruptions, une petite explosion discrète mais festive: “Champagne !”

Après ce spectacle magique, la descente au clair de lune dans le sable noir du volcan est presque irréelle et nous rentrons au village avec la sensation d’avoir vécu une expérience rare. Béatrice félicite les enfants et offre à Jeanne un t-shirt “Magmatrek”: quelle fierté! Nous quitterons le Stromboli  juste après la visite du POA (poste d’observation avancé) qui scrute en détail l’humeur du volcan. Merci encore à Béa et Viviane pour cette découverte très enrichissante.

De retour en Sicile, nous visitons Céfalu sur la côte Tyrrhénienne, où les enfants s’offrent une baignade sous les encouragements des habitants. Pendant ce temps Antoine nous prépare le café Napolitain tel qu’il l’a appris dernièrement: un délice.

Nous décidons de quitter à nouveau la côte et de traverser la Sicile par le parc de la Madonie au milieu de hautes montagnes sauvages où nous découvrirons de très belles forêts de chêne-liège… Mais il fait froid à plus de 1000m, trop dur pour le camping sauvage, aussi nous redescendons vers la côte Sud et la “Sicile Africaine”. Au réveil, après quelques douzaines de tartines au Nutella (petit dèj officiel du voyage…), nous partons vers Agrigente où nous allons réveiller les Dieu grecs dans la vallée des temples sous un soleil printanier. Nous nous promenons entre des temples majestueux et des oliviers de plus de 500 ans, terrain de jeu idéal pour un cache-cache historique.

Puis le cap est mis sur la Sicile Baroque au sud-est, d’où nous vous écrivons ce post après la” journée des mille marches” à Ragusa. Nous avons laissé une plaine agricole et maraîchère pour de belles collines quasi “irlandaises”, emplies de murets de cailloux ramassés aux alentours.

Mais assez parlé, car Modica, la cité du chocolat, nous attend, et nous dormons ce soir à Syracuse…

Avirey des ch’tis !

Marie, Olivier et  les enfants.

 

Siamo in Sicilia !

 

Ciao a tutti !

Et ça y est, nous sommes passés de l’autre bord. La mer est désormais à notre gauche. Nous avons pris le bateau ce matin pour la Sicile. Débarquement à Messine, puis pédalage en direction de Catane le long d’une jolie côte. Nous attendons Marie, Olivier et les enfants d’une minute à l’autre, à la tombée de la nuit. On leur réserve une place sur notre camping préféré : la spiaggia. Et pour patienter, on vous envoie quelques nouvelles en sirotant une Moretti.

Encore une fois, notre périple de la semaine passée a été pimenté par de précieuses rencontres. Nous avons commencé l’année sous une bonne étoile. Notre premier pique-nique de 2014 aurait dû être un fiasco. Nous n’avions pas prévu que tout serait fermé le premier janvier et nous n’avions ni pain ni mortadelle. L’enfer ! Nous avons donc opté pour la cuisson de pâtes sur le port d’une petite ville désertée. Un couple curieux du vélo est venu nous parler. “Avez-vous besoin de quelque chose ? De pain ? Vous aimez le vin ?” Oui mais non, poliment, nous avons tout refusé. “Aspetta, aspetta”. Dix minutes plus tard, nous les avons vus revenir avec un énorme sac rempli de provisions: de l’huile d’olive locale, du vin rouge maison, des pâtes à gogo, des fruits, un panettone… Nous avons trinqué avec eux et sommes repartis repus et émerveillés par cette incroyable générosité.

Le soir-même, nous avons demandé à un monsieur s’il était possible de camper sous ses oliviers avec vue sur la mer. No problemo. “Vous voulez des citrons et des mandarines du jardin ? De l’eau ?”

Enfin le lendemain, crasseux comme après une semaine sans douche, nous prenions un café avec Catherine, une française installée à Pisciotta. “Vous avez besoin de quelque chose ? D’une douche peut-être, sans vouloir vous offenser !”. Et v’là t-y pas qu’elle nous emmène chez elle pour nous offrir ce dont nous rêvions le plus à cet instant.

Bref, en traversant la région du Cilento, on se serait un peu crus dans la chanson L’Auvergnat de Brassens. Toi l’Italien, quand tu mourras, quand le croque-mort t’emportera, qu’il te conduise à travers ciel…au père éternel!

Nous avons bien poussé sur les pédales pour atteindre la Sicile car la côte calabraise était très escarpée. Mais la vue du Stromboli à l’horizon, les collines d’oliviers, les odeurs de citrons et de clémentines nous ont largement encouragés.

Nous avons aussi essuyé une journée de gros grain, de la flotte tout l’après-m’. De quoi nous tremper jusqu’aux os et nous faire opter, une fois n’est pas coutume, pour une vraie chambre avec un vrai lit à la ferme. Là encore, l’accueil était digne de la chanson. Nous avons profité de l’électricité pour regarder Gommora, un film sur la camora…Brrr… On a bien fait de le visionner après avoir traversé Mondragone et dormi sur les plages napolitaines abandonnées.

Depuis deux jours le temps est de nouveau au grand soleil. Nous avons sorti les lunettes noires et Antoine est en short. La vita e bella.

Les Ricetons ne doivent plus être très loin. L’excitation des retrouvailles est à son comble. On vous embrasse. A la semaine prochaine !

 

 

 

Buon Anno da Pioppi !

 

Auguri !

Nous vous souhaitons à tous une belle et heureuse année 2014 ! La nôtre a commencé en bord de mer, dans le petit village de Pioppi, sous les pétards et les feux d’artifice artisanaux. Il a fallu lutter pour tenir jusqu’à minuit après une journée de pédalage sur une côte escarpée. Mais nous avons réussi à pousser la soirée jusqu’au cap symbolique de minuit. “Auguri ! Auguri !” Les cris des villageois ne nous ont pas empêchés de sombrer rapidement dans un profond sommeil.

Que s’est-il passé de notre côté depuis Noël ? D’abord, nous avons repoussé deux jours de suite notre départ de Napoli. Cela a bien fait rire nos hôtes qui nous avaient prévenus. “Quand on arrive à Naples, on n’en repart jamais”, nous avait assuré Vladimir. Nous avons ainsi pu visiter le musée archéologique et son cabinet secret, dont nous vous réservons une petite photo. Nous sommes allés manger chez les parents de Natina au pied du Vésuve, le lendemain de Noël, pour déguster la traditionnelle minestra maritata, une soupe de légumes avec du poulet. Nous avons aussi pu participer à une grosse soirée pour l’anniversaire de Giovanna, une amie de Natina. Bref, nous en avons bien profité ! Après avoir accompli l’exploit de quitter cette cité envoûtante,  nous avons mis quelques jours à nous remettre d’une certaine nostalgie.

Les splendides falaises et les villages perchés de la côte amalfitaine nous ont heureusement consolés. Nous avons longé sur près de 50 km cette côte vertigineuse en nous arrêtant presque à chaque virage pour prendre des photos. Bellissimo !  Mais la beauté a un prix et l’endroit est aussi le fief des jet-setteurs. Avec nos petits moyens, nous avons quand même pu nous offrir une pizza  sur le port d’Amalfi avec un petit canon de limoncello, la boisson locale. Royal.

Nous sommes ensuite passés sans transition de ce paradis terrestre à une côte plate et dévastée, entre Salerno et Paestum. Là, plus de citronniers ni de voitures de luxe, mais des détritus partout, des maisons à peine finies déjà abandonnées, des immigrés qui errent en espérant se faire embaucher dans une azienda agricole, des prostituées sur le bord de la route… Craignant de devoir dormir dans cet endroit ravagé, nous avons pédalé comme des dératés jusqu’à Paestum. Et là, nous avons pu planter la tente au pied des temples grecs. Un de nos meilleurs campings sauvages en Italie, malgré un réveil brutal au milieu de la nuit par les aboiements des chiens errants.

A ce sujet, nous avons dû nous munir d’un bâton. Hier, nous avons été attaqués deux fois par des cabots sauvages. Antoine hurle plus fort qu’eux et agite son arme pour les faire partir. Pour l’instant, ça marche. On pense à tester une autre munition : les pétards.

Depuis Paestum, nous avons retrouvé une côte sauvage et préservée, avec de bons dénivelés cependant. Il va falloir pousser pour arriver lundi en Sicile.

D’ailleurs, il est grand temps de nous remettre en selle. On vous embrasse bien fort et on vous dit à la prochaine !