Les Bicloucipedistes Sur les routes d’Europe

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Des retrouvailles éruptives

 

Ciao a tutti !

Nous tardons un peu à poster les dernières nouvelles car les vacances en famille ont été bien remplies. Marie et Olivier ont travaillé d’arrache-pied pour vous les raconter. Bonne lecture et à la prochaine ! Antoine et Catherine.

Cela fait maintenant plus d’une semaine que nous avons retrouvé Catherine & Antoine, mais cela nous paraît bien plus long tant nous avons partagé d’aventures.

Nous avons fêté nos retrouvailles à Taormina, par un petit campement sauvage au bord de l’eau.

Les Horiot arrivent: « Mais où sont les vignes par ici ? »

Dès le lendemain, cap sur l’Etna, nous faisons 2 équipes : 4 biclous-relais et le camion-balai. Jamais le fameux dicton Sicilien n’a été si vrai: « Quand le cycliste a la mer dans le dos, ça va monter haut ! » 900m de dénivelé récompensé par une vue imprenable sur le volcan en activité. Nous sommes accueillis par Frank, vigneron à Solicchiata. Il nous guide vers ses vignes en terrasse sur les pentes de l’Etna et nous y installons notre campement pour plusieurs jours.

Nous passons une excellente soirée avec Frank & sa famille autour de ses jolis vins nature, chez Sandro qui nous régale avec de belles pizzas.

Nous profitons de ce camp de base pour explorer la région:

-randonnée sur l’Etna « fumant » entre sable volcanique et neige.

-visite de Catane & son marché aux poissons. Nous en profitons pour dégoter un beau morceau de thon qui nous régalera le soir au campement.

-découverte de la côte Ionienne où les enfants escaladent les rochers sous l’oeil des « Cyclopes »

Nous nous sentons bien sur l’Etna, mais il est temps d’explorer d’autres horizons; les volcans et les reliefs nous tentent tant que nous décidons de laisser les vélos et partons tous ensemble en camion. En route donc vers les Iles Eoliennes; Après délibération, c’est le Stromboli qui devient notre objectif.

Nous arrivons de nuit en « bateau volant » (Aliscafo). Nous dormons dans une petite pension au pied de l’île-volcan. L’île sans voiture est agréable à parcourir, le village est un labyrinthe de ruelles et petite maisons blanches et bleues. Nous nous croyons en Grèce !

Nous préparons l’ascension du volcan parmi les plus dangereux du monde avec Béatrice notre guide. Tout d’abord une giga pasta partagée avec Sergio, un espagnol qui fera l’expédition avec nous. Il y a une grimpette de 900m de dénivelé: un challenge pour Jeanne. Nous sommes tous très excités… Passé 700m d’altitude, le volcan fait entendre un premier grondement qui nous donne des frissons. Ce n’est que le début. Nous arrivons au dessus des cratères au coucher du soleil, l’ambiance est magique ! C’est avec émotion que nous assistons aux premières explosions. Nous nous sentons tout petits et très soudés. Entre deux éruptions, une petite explosion discrète mais festive: « Champagne ! »

Après ce spectacle magique, la descente au clair de lune dans le sable noir du volcan est presque irréelle et nous rentrons au village avec la sensation d’avoir vécu une expérience rare. Béatrice félicite les enfants et offre à Jeanne un t-shirt « Magmatrek »: quelle fierté! Nous quitterons le Stromboli  juste après la visite du POA (poste d’observation avancé) qui scrute en détail l’humeur du volcan. Merci encore à Béa et Viviane pour cette découverte très enrichissante.

De retour en Sicile, nous visitons Céfalu sur la côte Tyrrhénienne, où les enfants s’offrent une baignade sous les encouragements des habitants. Pendant ce temps Antoine nous prépare le café Napolitain tel qu’il l’a appris dernièrement: un délice.

Nous décidons de quitter à nouveau la côte et de traverser la Sicile par le parc de la Madonie au milieu de hautes montagnes sauvages où nous découvrirons de très belles forêts de chêne-liège… Mais il fait froid à plus de 1000m, trop dur pour le camping sauvage, aussi nous redescendons vers la côte Sud et la « Sicile Africaine ». Au réveil, après quelques douzaines de tartines au Nutella (petit dèj officiel du voyage…), nous partons vers Agrigente où nous allons réveiller les Dieu grecs dans la vallée des temples sous un soleil printanier. Nous nous promenons entre des temples majestueux et des oliviers de plus de 500 ans, terrain de jeu idéal pour un cache-cache historique.

Puis le cap est mis sur la Sicile Baroque au sud-est, d’où nous vous écrivons ce post après la » journée des mille marches » à Ragusa. Nous avons laissé une plaine agricole et maraîchère pour de belles collines quasi « irlandaises », emplies de murets de cailloux ramassés aux alentours.

Mais assez parlé, car Modica, la cité du chocolat, nous attend, et nous dormons ce soir à Syracuse…

Avirey des ch’tis !

Marie, Olivier et  les enfants.

 

Siamo in Sicilia !

 

Ciao a tutti !

Et ça y est, nous sommes passés de l’autre bord. La mer est désormais à notre gauche. Nous avons pris le bateau ce matin pour la Sicile. Débarquement à Messine, puis pédalage en direction de Catane le long d’une jolie côte. Nous attendons Marie, Olivier et les enfants d’une minute à l’autre, à la tombée de la nuit. On leur réserve une place sur notre camping préféré : la spiaggia. Et pour patienter, on vous envoie quelques nouvelles en sirotant une Moretti.

Encore une fois, notre périple de la semaine passée a été pimenté par de précieuses rencontres. Nous avons commencé l’année sous une bonne étoile. Notre premier pique-nique de 2014 aurait dû être un fiasco. Nous n’avions pas prévu que tout serait fermé le premier janvier et nous n’avions ni pain ni mortadelle. L’enfer ! Nous avons donc opté pour la cuisson de pâtes sur le port d’une petite ville désertée. Un couple curieux du vélo est venu nous parler. « Avez-vous besoin de quelque chose ? De pain ? Vous aimez le vin ? » Oui mais non, poliment, nous avons tout refusé. « Aspetta, aspetta ». Dix minutes plus tard, nous les avons vus revenir avec un énorme sac rempli de provisions: de l’huile d’olive locale, du vin rouge maison, des pâtes à gogo, des fruits, un panettone… Nous avons trinqué avec eux et sommes repartis repus et émerveillés par cette incroyable générosité.

Le soir-même, nous avons demandé à un monsieur s’il était possible de camper sous ses oliviers avec vue sur la mer. No problemo. « Vous voulez des citrons et des mandarines du jardin ? De l’eau ? »

Enfin le lendemain, crasseux comme après une semaine sans douche, nous prenions un café avec Catherine, une française installée à Pisciotta. « Vous avez besoin de quelque chose ? D’une douche peut-être, sans vouloir vous offenser ! ». Et v’là t-y pas qu’elle nous emmène chez elle pour nous offrir ce dont nous rêvions le plus à cet instant.

Bref, en traversant la région du Cilento, on se serait un peu crus dans la chanson L’Auvergnat de Brassens. Toi l’Italien, quand tu mourras, quand le croque-mort t’emportera, qu’il te conduise à travers ciel…au père éternel!

Nous avons bien poussé sur les pédales pour atteindre la Sicile car la côte calabraise était très escarpée. Mais la vue du Stromboli à l’horizon, les collines d’oliviers, les odeurs de citrons et de clémentines nous ont largement encouragés.

Nous avons aussi essuyé une journée de gros grain, de la flotte tout l’après-m’. De quoi nous tremper jusqu’aux os et nous faire opter, une fois n’est pas coutume, pour une vraie chambre avec un vrai lit à la ferme. Là encore, l’accueil était digne de la chanson. Nous avons profité de l’électricité pour regarder Gommora, un film sur la camora…Brrr… On a bien fait de le visionner après avoir traversé Mondragone et dormi sur les plages napolitaines abandonnées.

Depuis deux jours le temps est de nouveau au grand soleil. Nous avons sorti les lunettes noires et Antoine est en short. La vita e bella.

Les Ricetons ne doivent plus être très loin. L’excitation des retrouvailles est à son comble. On vous embrasse. A la semaine prochaine !

 

 

 

Buon Anno da Pioppi !

 

Auguri !

Nous vous souhaitons à tous une belle et heureuse année 2014 ! La nôtre a commencé en bord de mer, dans le petit village de Pioppi, sous les pétards et les feux d’artifice artisanaux. Il a fallu lutter pour tenir jusqu’à minuit après une journée de pédalage sur une côte escarpée. Mais nous avons réussi à pousser la soirée jusqu’au cap symbolique de minuit. « Auguri ! Auguri ! » Les cris des villageois ne nous ont pas empêchés de sombrer rapidement dans un profond sommeil.

Que s’est-il passé de notre côté depuis Noël ? D’abord, nous avons repoussé deux jours de suite notre départ de Napoli. Cela a bien fait rire nos hôtes qui nous avaient prévenus. « Quand on arrive à Naples, on n’en repart jamais », nous avait assuré Vladimir. Nous avons ainsi pu visiter le musée archéologique et son cabinet secret, dont nous vous réservons une petite photo. Nous sommes allés manger chez les parents de Natina au pied du Vésuve, le lendemain de Noël, pour déguster la traditionnelle minestra maritata, une soupe de légumes avec du poulet. Nous avons aussi pu participer à une grosse soirée pour l’anniversaire de Giovanna, une amie de Natina. Bref, nous en avons bien profité ! Après avoir accompli l’exploit de quitter cette cité envoûtante,  nous avons mis quelques jours à nous remettre d’une certaine nostalgie.

Les splendides falaises et les villages perchés de la côte amalfitaine nous ont heureusement consolés. Nous avons longé sur près de 50 km cette côte vertigineuse en nous arrêtant presque à chaque virage pour prendre des photos. Bellissimo !  Mais la beauté a un prix et l’endroit est aussi le fief des jet-setteurs. Avec nos petits moyens, nous avons quand même pu nous offrir une pizza  sur le port d’Amalfi avec un petit canon de limoncello, la boisson locale. Royal.

Nous sommes ensuite passés sans transition de ce paradis terrestre à une côte plate et dévastée, entre Salerno et Paestum. Là, plus de citronniers ni de voitures de luxe, mais des détritus partout, des maisons à peine finies déjà abandonnées, des immigrés qui errent en espérant se faire embaucher dans une azienda agricole, des prostituées sur le bord de la route… Craignant de devoir dormir dans cet endroit ravagé, nous avons pédalé comme des dératés jusqu’à Paestum. Et là, nous avons pu planter la tente au pied des temples grecs. Un de nos meilleurs campings sauvages en Italie, malgré un réveil brutal au milieu de la nuit par les aboiements des chiens errants.

A ce sujet, nous avons dû nous munir d’un bâton. Hier, nous avons été attaqués deux fois par des cabots sauvages. Antoine hurle plus fort qu’eux et agite son arme pour les faire partir. Pour l’instant, ça marche. On pense à tester une autre munition : les pétards.

Depuis Paestum, nous avons retrouvé une côte sauvage et préservée, avec de bons dénivelés cependant. Il va falloir pousser pour arriver lundi en Sicile.

D’ailleurs, il est grand temps de nous remettre en selle. On vous embrasse bien fort et on vous dit à la prochaine !

Buon Natale da Napoli

Buon Natale a tutti !

Nous vous souhaitons un joyeux Noël de la cité de Polichinelle, où nous avons pu poser nos sacoches et faire une trêve reposante. Très loin de sa mauvaise réputation, Naples ne nous a réservé que de belles rencontres. Et pour tout dire, nous en sommes tombés amoureux !

Le hasard a d’abord mis sur notre route un jeune cycliste, Gennaro, qui porte bien le prénom du Saint protecteur de la ville. Comme toujours avant d’arriver dans une grosse agglomération, nous angoissions un peu sur l’itinéraire à suivre. Comment éviter le périph’ ? Allions-nous trouver facilement l’adresse de notre hôte warmshower? En plus de nous offrir un cappuccino, Gennaro nous a gentiment proposé de nous accompagner jusqu’à la fameuse piazza del Plebiscito, où nous avions rendez-vous avec Francesco. Super sympa !

Nous avons ensuite passé deux jours chez Francesco, un professeur de sport, et son épouse Federica, illustratrice pour les jeunes enfants, dans un magnifique appartement du centre ville. De là, nous avons pu arpenter les rues animées de Napoli en découvrant les mille et une églises baroques, rococo ou romanes du centro storico.

Après nous avoir appris à reconnaître les pâtes de bonne qualité au toucher, Francesco nous a embarqués dans un superbe tour à vélo de vingt kilomètres. Nous l’avons suivi sur les riches collines de la cité, mais aussi dans les ruelles escarpées du pittoresque quartier espagnol. Ici, la règle avec les scooters et les voitures dans tous les sens, c’est que « ça passe ». Sensations fortes garanties !

Nous avons ensuite rejoint Natina, une amie d’amie à nous, qui nous a proposé de prendre sa chambre le temps des fêtes. Depuis samedi soir, nous avons donc la chance de vivre dans une coloc de dix étudiants très accueillants. Nous faisons des progrès fulgurants en italien, surtout après une ou deux Peroni. Et nous avons chacun eu droit à un cours particulier avec le cuistot de la bande, Vladimir. Antoine a appris à faire le vrai « caffè » italien et Catherine était tout émue, dimanche soir, de découvrir les secrets de la Carbonara. Mamma mia ! Dire qu’avant, elle mettait de la crème fraîche dans sa sauce…

Hier midi, le même Vladimir nous a concocté un repas de Noël: des pâtes aux crevettes et aux coquillages. Fantastico !

Puis hier soir, la coloc s’est vidée. Les étudiants sont partis chez leurs parents pour le réveillon. Nous avons donc passé notre soirée de Noël tranquillous, à manger des pâtes au pesto, boire quelques canons et aller faire un tour à la messe de minuit au Duomo, la cathédrale de Naples.

Demain, nous plions bagages pour rejoindre la côte amalfitaine. Nous sommes très excités à l’idée de retrouver bientôt Marie, Olivier et les enfants en Sicile.

En cette journée spéciale, nous vous faisons à tous de gros « baci ».

Ancora, Buon Natale ! Ciao ciao !

 

 

 

Tous les chemins mènent à Rome

 

Ciao a tutti !

Ouf ! On a bien failli ne pas pouvoir rédiger nos nouvelles hebdomadaires ce soir. Un drôle de carabiniero (gendarme italien) est venu se poser à notre table pour jaser en …allemand. Nous qui faisons tant d’efforts pour améliorer notre italien, non mais ! Il nous a taxé une cigarette puis, voyant que nous n’avions pas trop de répondant dans la langue de Goethe, il a fini par nous laisser.

Notre périple se poursuit piano piano, à la force de nos petits mollets bichonnés par une côte italienne relativement plate. Depuis Piombino, nous avons longé le bord de mer, comme toujours en direction du sud, en suivant la via Aurelia. Mais à l’approche de la capitale, l’antique voie romaine s’est transformée en deux fois deux voies. Gilet jaune sur le dos, nous avons serré les fesses pendant près de 200 km. Nous avions tellement hâte que cette espèce d’autoroute se termine que nous avons mis le turbo: 105 km en une journée, à 20km/h de moyenne. Pour un cyclo sportif, ce n’est pas très impressionnant, mais pour nous, chargés comme des mulets, ça l’est !

Nous avons fini par atteindre Rome samedi matin. Nous sommes tombés directement sur la majestueuse place Saint – Pierre du Vatican. Après avoir rangé notre couteau suisse, nous sommes bien sûr passés devant les gardes suisses pour visiter la basilique. Ses plafonds dorés filent le vertige d’en bas ! C’est très impressionnant.

Alors que nous nous promenions à biclou dans les rues pavées de cette magnifique cité musée, nous avons croisé un autre cyclo-touriste français, Clément, qui allait dormir chez le même hôte warmshower que nous. Le beau hasard ! Arrivés chez Luca, nous nous sommes retrouvés tous les trois dans une énorme soirée célébrée pour ses 50 ans. L’occasion de rencontrer plein de Romains d’un coup et de goûter tous les mets préparés par sa femme, sa mère et sa belle-mère.

Le lendemain, après une bonne lessive, nous avons sillonné Rome à vélo avec le sympathique Clément, du Panthéon au Colisée, en passant par le palais de Venise, d’où le Duce faisait ses discours. Nous avons quitté la grand’ville lundi matin pour retrouver la mer et le calme des stations balnéaires endormies.

Hier soir, des pêcheurs sympathiques nous ont permis de faire quelques progrès en italien.  Nous savons maintenant expliquer que nous sommes mariés et que cette baroude est un peu notre voyage de noces. Quand on a vu leur réaction, on a réalisé que ce détail devait plaire beaucoup ici. On s’en resservira !

Domani mattina, andiamo in Napoli où nous serons hébergés par Francesco. Noël approche. Nous ne savons pas encore où nous serons pour les fêtes. Mais une chose est sûre, par la pensée, un petit bout de nous sera en France avec vous.

Bises et à la semaine prochaine !

 

 

 

Andiamo !

 

Ciao la compagnie !

Il est 17h30, nous sommes confortablement installés à la terrasse d’un café. Les lumières de Noël de Piombino nous rappellent que c’est bien l’hiver pourtant. Nos réveils sous la tente aussi, confessons-le ! Il ne fait pas chaud le matin quand la toile nous goutte dessus. Au moins nous ne traînons pas pour nous mettre en selle. Et, chose extraordinaire, nous nous levons plus tôt que lorsque nous travaillions. A 6h15 pétantes, Antoine prépare le café. Nous profitons ainsi pleinement de la lumière du jour.

Pour continuer par l’essentiel – la bouffe – on peut dire que nous sommes servis ! Nous parcourons chaque jour le mercato des villages que nous traversons en salivant devant les étals. Ici, la vita e bella quand on aime les pastas, le fromage et le jambon. Sans dépenser beaucoup, nous nous préparons de bons gueuletons le midi et le soir. Parfois, nous accompagnons le repas d’un Chianti. Mais nous sommes beaucoup plus sages qu’en Irlande sur ce point. Si si, on vous l’jure !

La côte italienne est beaucoup moins bling bling que la Côte d’Azur. Nous y croisons de nombreux cyclos sportifs qui nous disent presque toujours «ciao». C’est sympa. Lors d’une petite montée, nous avons également rencontré un couple de Français, Fabienne et Stéphane, qui rentraient de six mois de voyage à vélo couché. Nous avons papoté près d’une heure le long de la route. Ils nous ont confirmé que les Italiens n’étaient pas les plus forts du point de vue de l’hospitalité. Notre nouveau défi : réussir à nous faire inviter ! Ne serait-ce que pour progresser un peu dans la langue, car nous sommes limités.

Le camping sauvage est interdit dans tout le pays. Cela pimente un peu nos fins de journées, qui finissent presque toujours sur la plage ou dans un port. Sauf lorsque nous avons décidé de passer le col du Bracco l’après-midi et que nous nous sommes retrouvés à 600 mètres d’altitude pour la nuit… Nous avons alors tenté la cour d’un hôtel fermé pour l’hiver, mais vers 18h, un petit monsieur est venu nous dire « e privato, e privato ». Avec nos trois mots d’italien, nous avons réussi à négocier « una notte » en promettant de décamper tôt le lendemain matin. Cette contrainte nous a permis d’admirer le lever du soleil sur les montagnes des Cinque Terre.

Mais il nous arrive aussi d’avoir de la chance. Hier soir, nous avions grand besoin de prendre une douche. Nous avons longé une multitude de campings fermés avant de nous résigner et aller sur la plage. Le gardien du port nous a alors offert d’utiliser la douche des marins d’eau salée. Il ne pouvait pas nous faire plus grand plaisir. Grazie mille !

Côté touristique, en longeant la côte, nous découvrons le charme désuet des stations balnéaires hors saison. Nous avons beaucoup aimé Pise, sa tour penchée, évidemment, mais aussi ses ruelles et ses quais le long de l’Arno. Depuis Livourne, nous avons pris la route des vins et des oliviers de Toscane. Fait étrange, nous n’avons pas craqué pour une bouteille. Ce soir, ce sera gnocchis au parmesan et boulettes de viande… à l’eau. Quand on vous dit qu’on est plus sages qu’en Irlande !

Allez, bonne semaine à tous et à bientôt !

On dirait le sud

 

Ciao a tutti !

On se la joue, mais il a d’abord fallu demander au patron du bar si « salut tout le monde » se disait bien comme ça… Comme vous l’aurez compris, nous venons de débarquer chez nos voisins italiens. La côte d’Azur est déjà derrière nous.

Dés le premier soir, nous y avons fait une belle rencontre : Michel et Natalie. Ces amoureux de streetstepper (un vélo encore plus bizarre que le nôtre) tiennent un magasin de cycles à Six Fours les plages. Grâce à leur hospitalité, nous avons pu camper derrière la boutique. La nuit commençant à tomber, nous étions plus que ravis !

Nous avons ensuite mis le cap sur Toulon où nous avons trouvé une piste cyclable très agréable. Peu après le Lavandou, nous avons ainsi pu camper au bord des falaises sans gêner personne. Comme nous le prouvera la suite, nous avons été chanceux. Car la côte d’Azur, même en hiver, n’est pas le paradis des campeurs sauvages…

Après avoir bien profité de notre endroit paradisiaque, nous avons pris la route pour la tant attendue ville de Saint-Tropez. Enfin surtout pour Catherine qui chantonnait avec émotion ses génériques préférés de « Sous le Soleil ». Hélas ! La pluie s’est mise à tomber. Et la ville des paillettes a plutôt rimé avec pique-nique frigorifiant sous un abri de fortune. Le café, pour se consoler, a quant à lui coûté 3,40 euros. Bref, on n’a pas joué aux riches très longtemps.

La pluie ne nous a pas lâchés de la journée et c’est congelés que nous sommes arrivés dans la charmante cité vidéosurveillée de Saint-Aygulf. La nuit pointant le bout de son nez, nous avons pris l’option « boire un café et demander innocemment un endroit où camper ». La combine ne prenant pas, nous avons sonné aux portes en demandant un coin de jardin. « Non merci », nous a répondu un habitant. Nous avons fini par nous rabattre sur le parc de la ville, mais il fermait à 18 h et la police veillait. Désespérés, nous avons demandé aux policiers où dormir. Et là, surprise ! Le gendarme nous a envoyés sans hésiter vers les bars abandonnés de la plage. Nous étions donc pour une nuit de plus au sec, dans un endroit qui, l’été, doit être surpeuplé.

La suite de la route a été une sorte d’incroyable percée dans le monde des ultra-riches. Cannes, Nice, Monaco. Nous vous en réservons deux clichés qui nous ont amusés malgré le malaise que cet étalage nous a fait ressentir. Le yacht baptisé « c’est la vie » sur le port de Monaco, on ne pouvait pas le louper.

Enfin, pour en venir à ce soir, la température en Italie est idéale. Entre 17 et 20 degrés la journée. C’est un bel avant-goût de la dolce vita qui nous attend.

On vous embrasse tous bien fort ! A bientôt !

Cap sur la Côte d’Azur

Bonjour à tous !

Un petit mot pour vous annoncer notre départ vers de nouvelles aventures dans le sud de l’Europe. Nous avons fait le plein d’énergie en famille et entre amis, nous voici parfaitement requinqués !

Un grand merci à tous ceux qui nous ont accueillis aux Riceys, à Mâcon, à Lyon, sur la route d’Avignon et à Marseille. Vous serez toujours les bienvenus chez nous quand nous aurons un chez nous dans la ville de la Bonne Mère.

Le vélo a retrouvé la forme après plusieurs sessions de bricolage intensif (merci Guillaume et Pierrot !). Nous repartons avec des freins et un boîtier de pédalier tout neufs. Ouf !

Nous quittons Marseille jeudi pour longer la Côte d’Azur jusqu’en Italie. Nous essaierons d’être en Sicile en janvier pour y retrouver la famille Horiot. Nous partirons ensuite dans les Pouilles, d’où nous prendrons le bateau pour l’Albanie. Ensuite, la Grèce ! Et pour le reste, nous devons encore affiner notre itinéraire.

Nous vous embrassons tous fort. A dans six mois !

En famille

 

Qu’il fait bon vivre, près d’un feu de cheminée, entourés de nos neveux et nièce chéris. Antoine joue au baby foot avec Julien, Jeanne m’imite en utilisant son ordi Superman, Paul veille à ce que je n’écrive pas trop de bêtises. « C’est pas vrai, tu peux écrire tant de bêtises que tu veux, j’ai l’habitude », me lance-t-il. Pendant ce temps, Marie et Olivier sont en cuverie en train de fabriquer leur prochain Champagne. Eh oui ! Vous l’aurez compris, nous sommes loin, très loin de l’Ecosse où nous vous avions laissés.  Et si nous avons tardé à rédiger cet article, c’est que depuis, nous n’avons pas traîné !

D’abord, nous avons triché. Pressés par le temps, nous avons raccourci notre périple écossais en louant un grand engin à moteur. Grâce à lui, nous avons filé  en une nuit jusqu’à Douvres. De là, nous avons pris notre dernier ferry direction Calais. Nous n’avons pas eu le temps de dire « ouf » que nous nous retrouvions dans un camping de la Côte d’Opale à lire Fakir et La Décroissance, tout en buvant un ch’tit canon de vin blanc.

Les gens du ch’nord n’ont pas démenti leur réputation. Leur accueil était des plus chaleureux. Les routes, elles, étaient moins sympathiques. Il a fallu pousser sur les pédales à travers d’immenses champs monotones et des villages désertiques traversés en sifflant. Au moins nous n’étions pas tentés par des pauses bistrot comme en Irlande. Notre moyenne s’en est ressentie. Nous avons fait au minimum 90 kilomètres par jour ! Pas-de-Calais, Somme, Aisne, Marne, Aube. On a pu réviser nos départements. En arrivant près d’Epernay, en Champagne, la perspective d’atteindre les Riceys nous a fait exploser notre record: 9h30 de vélo, 152 km dans la journée. Autant dire qu’on n’est pas fâchés de se reposer quelques jours en famille. Le compteur affiche désormais 5238 km. C’est la fin du premier épisode. Il ne nous reste plus qu’à écrire la suite !

 

Back to UK

 

C’est encore sous le soleil, mais depuis un champ écossais, que nous rédigeons les dernières nouvelles. Eh oui, ce matin à l’aube, nous avons pris le ferry et l’Irlande, pour nous, c’est fini… Nous avons bien failli verser quelques larmes sur le pont du bateau qui nous éloignait peu à peu des côtes de cette magnifique contrée celtique.

Nous avions déjà eu un petit pincement au cœur en passant la frontière entre le Donegal et l’Irlande du Nord. Car de l’autre côté, c’était le UK. Tout avait déjà un peu changé. La monnaie, les drapeaux, l’histoire, les panneaux, les distances en miles…

Avant d’aller jusqu’à Derry (ma bien-aimée), nous avons navigué dans les paysages sauvages du Donegal, fait quelques détours par de grandes plages de sable blanc et pris des routes désertes à travers les landes de pierre. Bref, nous nous sommes régalés ! Un soir où le vent soufflait fort (toutes les raisons sont bonnes), nous nous sommes réfugiés dans un pub perdu. A l’intérieur, une poignée d’habitués jasait et riait fort autour du bar en profitant d’un confortable feu de tourbe. Le patron, trop sympa, s’est mis en popotte et a concocté pour tous des maquereaux avec des patates aux lardons. Les piliers du comptoir nous ont ensuite indiqué un lieu parfait pour camper : les dunes de la « beautifulest » (sic) plage du pays. Testée et approuvée, même si nous avions déjà vu la plus belle de notre vie, Maghera beach, un jour plus tôt près d’Ardara. M’enfin, on n’a pas chipoté pour ne surtout pas froisser la fierté de ces sympathiques messieurs.

Nous sommes arrivés à Derry (et non pas Londonderry, car c’est humiliant pour les Irlandais) un jour de pluie battante. Pour la première fois du voyage, nous avons posé nos bagages trempés dans une auberge de jeunesse. C’était un peu le luxe. Une douche chaude à volonté, des draps tout propres, un lit, superposé certes, mais un vrai lit quand même. Et des parapluies en libre service, fallait y penser ! Nous avons commencé notre virée dans cette cité fortifiée d’Irlande du nord par une visite guidée du Bogside, le quartier prolétaire catholique connu pour le tristement célèbre Bloody Sunday. Il fallait s’accrocher pour tout comprendre. Mais nous avions un guide qui, pour avoir passé plusieurs années de sa vie en prison et perdu un cousin le jour du drame, avait l’art de rendre l’histoire vibrante.

Un jour humide plus tard, nous avons fini par atteindre un lieu mythique dont nous ont parlé nombre d’Irlandais : la Giant’s causeway, ou chaussée des géants. Une bizarrerie géologique qui inspire de fabuleuses légendes. Nous y avons vu deux jumeaux au look kitsch à souhait en train de tourner un clip. Quand nos chemins se sont croisés, ils nous ont lancé d’un ton arrogant « hello tourists ». Ni une ni deux, Antoine leur a rétorqué : « Hello guys, I don’t even know who you are ». Médusée, la starlette à la houpette lui a expliqué qu’ils avaient représenté l’Irlande à l’Eurovision. Décidément, ce concours est bien dépassé. Cinq minutes plus tard, en observant une classe de collégien-ne-s découvrir leurs idoles en poussant des cris stridents  (oh my goooooood !), nous avons réalisé que c’était peut-être nous qui étions dépassés…

Bref. Nous voici en Ecosse. Pour notre premier jour dans cette région à découvrir en peu de temps, nous avons déjà serré la paluche d’un député indépendantiste qui voulait nous inviter à venir au parlement à Edimbourgh. Mais il est temps de penser au retour…