Les Bicloucipédistes

Premiers méandres autrichiens

Passage d’un pont spécialement conçu pour les vélos : on apprend l’allemand par les panneaux.
Ein, zwei, drei… on compte les moutons avant d’attraper le traversier
On gagne 5 km pour atteindre la piscine !
Objectif schwimmbad: check!
Achat d’une lanterne qui va tellement réchauffer nos soirs d’automne que Catherine a réussi à s’en brûler la paume de main!
Campement UKW22 au bord du Danube : les digues sont nos amies !
Traversée de la charmante bourgade de Straubing

Les jeux publics sont quotidiennement testés par les filles. 20/20 pour les Allemands.
Dernier bivouac côté allemand avec un beau feu de joie pour fêter la traversée sud de ce grand pays.
C’est parti pour l’Autriche !
On se fait doubler par un peloton de cyclo-sportifs autrichiens. De bon matin, ça met la pression!
Jeux de jambes entre deux frontières

La radio du bar diffuse des tubes en allemand. Le camping de Schlögen est désert. L’eau de la piscine, gelée. Les filles sont applaudies par des touristes anglaises quand elles osent s’y baigner. “They are very brave!”. “Oh yes, they are!”, (si vous saviez ce qu’on leur fait endurer !)
Les colchiques ont fleuri dans les prés. Il n’y a plus que des retraités sur les pistes cyclables…

Achtung!!! C’est l’automne!

20 septembre. Nous attaquons une nouvelle saison demain, celle que nous redoutons un peu, soyons francs. Mais pour l’instant, le soleil est de la partie et nous le remercions chaque jour. Il sèche encore nos toiles de tente de la rosée du matin.

Depuis la visite de Regensburg, lundi dernier, la route est belle et facile. Le temps : idéal. A peine un petit jour d’orage pour nous faire pédaler comme des dératés jusqu’à l’incroyable schwimmbad de Deggendorf. Là-bas, nous passons de “mouillés par la pluie” à “parfaitement détendus dans les eaux chaudes”.
Les filles s’éclatent dans les toboggans. Avec Antoine, nous hésitons à tester le bar immergé dans un bassin. L’expérience nous tente à plusieurs reprises, mais notre petit diable se fait discret.

Dans nos têtes de parents plane l’arrivée prochaine de la nuit. Le temps file… Nous profitons quand même avec les filles de cet endroit incroyable où l’on peut nager dehors et dedans, s’amuser dans des rapides, passer au sauna… Les Allemands savent se faire du bien ! La piscine est aussi pour nous l’occasion de prendre une bonne douche. Bref. Au moment de sortir, à 19h45, il fait nuit noire… Les jours raccourcissent cruellement.

Nous avons repéré sur la carte un potentiel lieu pour planter la tente derrière la piscine. Mais en arrivant vers l’endroit imaginé, nos lampes de poche dévoilent un tapis d’orties. Oups!

Nous finissons par planter les tentes au bord d’un champ labouré, avec des limaces en comité d’accueil. Ce n’ est certainement pas notre plus beau bivouac, mais le charme de la schwimmbad a opéré. Nous nous endormons épuisés et ravis, malgré l’humidité ambiante.

Le voyage se déroule sans encombres cette semaine. Les villes de Straubing et Passau sont aussi jolies que Regensburg, avec leurs façades colorées, leurs dômes et leurs clochers dépaysants. Depuis quelques jours, nous sommes proches de la République tchèque et de l’ancien Rideau de Fer. On révise notre histoire tout en pédalant.

Hier soir, nous avons passé la frontière autrichienne. Pas mal de kilomètres nous attendent dans le pays de notre amie Nathalie. Direction Bratislava en Slovaquie !

En quelques semaines, les filles finissent par se familiariser avec la langue de Goethe. Hélène arrive même à se faire comprendre quand c’est nécessaire. Elle connaît près de 40 mots. Antoine maitrise l’accent allemand sur des mots plus ou moins d’origine . Mais non, c’est injuste, il est presque bilingue 😉

Nous nous amusons beaucoup et c’est probablement ce qui fait la richesse de ce voyage. Être ensemble, vivre de petites aventures, récolter des brindilles, comme nous y encourage Mamie Eliane.

Que ce soit dans l’effort partagé d’une méchante montée, devant des centaines de moutons qui nous invitent à les compter, sur un traversier inespéré ou bien autour d’une simple tartine de nutella… Avec ce voyage tant désiré, nous dégustons ce lien unique, si singulier, qui fait de nous quatre une famille.

1 000 bornes

Réveil matin au tracteur tondeuse, nous avons une heure pour décamper !
Les devoirs sous la tente en attendant que la pluie s’arrête
Joie de faire un feu de camp autorisé : le premier du voyage.
Campement 10 étoiles avec un saule qui a servi de support aux acrobaties sur hamac
Livraison des kartoffels sur la route !
Resto à Ingoldstadt : la grande aventure culinaire…
Mieux que le train, la barque !
Mathilde doit faire un mandala en “land art” pour l’école
Nous passons chaque jour des portes dans les petites villes fortifiées du Danube
Et voilà ! 1000 km parcourus à la force des mollets et du moral !

Grands cris de joie, ce matin, sur la route de Regensburg. Alertés par notre statisticienne en chef, nous passons le cap symbolique des 1000 km.

Au moment où Hélène nous annonce la nouvelle, un train arrive sur la voie ferrée d’à côté. Comble de bonheur, nous réussissons à le faire klaxonner ! C’est l’un de nos jeux favoris à vélo.

Un mois de périple, déjà. Le temps passe si vite ! Cela nous incite à savourer chaque instant de cette vie de famille itinérante.

Il faut dire que la semaine fut particulièrement douce et ensoleillée. Une seule nuit d’orage au compteur. En attendant que la pluie s’arrête, les devoirs d’école ont bien avancé.

Les filles ont même échangé avec leurs camarades de Saint-Nectaire, ce qui les a remplies de joie. Le maître et la maîtresse ont pris le temps de les orienter sur les travaux en cours dans leurs classes respectives. La dynamique de l’école buissonnière est lancée ! De quoi déculpabiliser les parents et stimuler les enfants 🙂

Depuis Ulm, nous avons bivouaqué tous les soirs. Les bord du Danube sont verdoyants, bien tondus (très tôt le matin, on peut en témoigner !), avec des saules et des peupliers magnifiques. Nous apprécions la compagnie des cygnes, des canards, des poules d’eau, des hérons… C’est un peu le bal des oiseaux migrateurs. Et la nuit, ce sont les grenouilles qui font du tintamarre. Sur la route, nous croisons quelques écureuils téméraires, des chevreuils. Les castors se font plus discrets, mais nous constatons leurs agissements sur certains troncs grignotés…

Lundi, nous avons pu expérimenter l’hospitalité allemande. Alors que le temps semblait menaçant, nous hésitions à chercher un bivouac ou à continuer la route. Un automobiliste qui nous avait repérés au supermarché nous a proposé de le suivre. Gérald nous a gentiment menés à son terrain situé au bord du Danube, à quelques pas de la dernière centrale nucléaire arrêtée en Allemagne.

Trampoline, toilettes sèches, abri pour les tentes, espace pour le feu… Un luxe éphémère bien apprécié !

Mercredi, nous avons campé à côté d’un pont de 900 tonnes en cours de mise en place. Nous étions aux premières loges de cet événement local à Marxheim. Sur notre spot de bivouac classé 10 étoiles par les filles, un saule très âgé a accueilli le hamac circassien toute la soirée.

La semaine ne serait pas complète sans l’épisode de la “kartoffel catastrophe”! Alors que nous attendions le train à un passage à niveau, nous avons été doublés par un tracteur rempli de pommes de terre. Le conducteur a perdu une partie de sa cargaison devant nous. Il y avait des milliers de patates sur la route ! Épisode à la fois drôle et regrettable pour cet ouvrier agricole que nous avons aidé à rassembler sa récolte.

Hier, nous avons traversé le Danube en barque avec tout notre chargement… Ce fut beaucoup plus simple que le train. Les méandres du Danube jusqu’à Kelheim valent vraiment le détour. C’est magnifique !

Le voyage est très paisible ces jours ci. Demain, nous visitons la ville historique de Regensburg. L’ensemble de l’équipage a la frite. Antoine a même survécu à l’expérience de la currywurst (quel courage !) .

Nous vous embrassons toutes et tous bien fort du camping hebdomadaire où nous nous donnons un coup de propre !

Hallo Donau !

De la vallée du Rhin à celle du Danube, deux jours de géographie par les mollets…

Essai de robes à crinoline au musée d’histoire de Stein Am Rhein. Mais comment pédaler dans cet accoutrement ?

Dernière frontière Suisse : on a un côté bling bling non ?

Euh…ça monte encore longtemps?

L’école au bord du Danube

Palme du bivouac idéal entre Tüttlingen et Sigmaringen

La Deutsche Bahn ne nous a pas fait préférer le train, mais nous avons réalisé un saut de 100 km !

Très belle étape avant le week-end

Arrivés à bon port, à l’hôtel Maritim réservé par papy Albert et Cricri. A nous la grande vie!

Ascension des 552 marches de la cathédrale protestante d’Ulm. Vertige de ces temples démesurés.


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Encore une semaine qui n’a pas manqué de rebondissements !

D’un extrême à l’autre, nous sommes passés par :
– La case ambulance à Singen
– Un arrêt au stand au bord du lac de Konstanz quasiment asséché.
– Une étape du maillot blanc à pois rouges entre le Rhin et le Danube
– La beauté incroyable des méandres du plus long fleuve d’Europe entre Tüttlingen et Sigmaringen.
– La galère tout aussi incroyable sur les quais de la Deutsche Bahn pour rattraper notre “retard”.
– Le contraste saisissant entre trois jours de bivouac et l’arrivée dans un magnifique hôtel à Ulm !
– Le luxe d’un week-end en famille avec papy Albert et Cricri dans une ville qui nous réserve de belles découvertes.

Alors, pour rassurer les tempéraments anxieux, l’équipage des bicloucipédistes reste entier !
C’est Mathilde qui a fait monter notre taux d’adrénaline à son maximum en chutant dans le bas d’une pente à 19%, dimanche dernier. La journée avait pourtant bien commencé avec, à sa demande, la visite d’un très beau musée sur la vie au 19e siècle à Stein am Rhein.
Après une nuit de camping en Suisse, nous repartions ragaillardis en direction de Radolfzell.

Et là, patatra! Mathilde en pleurs, le vélo à l’horizontale, les genoux en sang, les mains, le ventre et le dos bien éraflés… Au milieu des cyclistes qui continuent à rouler vite, Patrick et sa compagne, un couple d’Allemands, nous assistent pour les premiers soins. Ce sont eux qui appellent l’ambulance et sécurisent l’espace à coup d’insultes face à certains de leurs compatriotes un peu trop pressés. Hélène nous impressionne par son sang froid et sa capacité à rassurer sa petite soeur.

Quand ils arrivent, les ambulanciers nous invitent à faire un examen plus poussé à l’hôpital. Antoine et Hélène rejoignent tant bien que mal le plus proche camping avec 3,5 vélos pour 2.

Avec Mathilde, nous montons dans l’ambulance pour Singen où l’infirmière, luxembourgeoise, nous rassure et nous passe discrètement du matériel pour refaire les pansements dans les jours à venir. Nous rejoignons notre petite famille en taxi. Première ambulance, premier taxi… Mathilde fait le plein d’expériences inédites !

Suite à cet incident, nous sommes tous assez secoués. Nous restons une journée au camping. Difficile d’en profiter pour se baigner. Suite à la sécheresse de cet été, le lac de Konstanz ressemble à la Bretagne à marée basse.


Ce lundi “off” est l’occasion idéale, pour les filles, de sortir l’école de leurs sacoches. Elles ont un jour d’avance sur la rentrée, mais comme elles vont globalement moins travailler que leurs camarades… C’est parti pour Picbille, les grands nombres et les lectures proposées par les enseignants de l’école de Saint-Nectaire.

Mardi matin, Mathilde se sent capable de reprendre la route. Nous finissons le tour du lac pour amorcer un virage vers le Nord à Radolfzell. Nous quittons la vallée du Rhin, à la fois industrielle et charmante, mais toujours un peu marquée par le phénomène frontalier entre la Suisse et l’Allemagne.

Fini le bord du fleuve, à nous les reliefs ! Nous bivouaquons en haut d’une première longue montée, rassurés par un Polonais qui nous propose gentiment un ancien manège pour chevaux. Nous passons une très belle soirée tous les quatre.

La journée du lendemain est moins drôle. Des montées, toujours des montées. Les descentes sont trop raides pour en profiter. Nous puisons tous dans nos réserves pour pousser les vélos et atteindre en fin de journée le Danube et son immense prairie verdoyante.

Après une nuit dans une “zelltplatz”gratuite, nous attaquons l’une de nos plus belles journées du voyage. Le relief est facile, et les bords du Danube sont magnifiques avec des falaises, des prairies, des forêts… Nous poussons sur les pédales pour nous rapprocher d’Ulm où nous avons rendez-vous pour le week-end. Entre l’accident et les journées de grimpe, nous réalisons que notre objectif est inatteignable. Ce sera la dernière aventure de la semaine avec l’option train pour avancer plus vite!

Avec un tandem, une remorque et deux vélos chargés, le train est tout sauf une option sereine. Avec une correspondance toutes les 45 minutes, on flirte même avec l’enfer ferroviaire! Une contrôleuse nous plante sur le quai, nous devons nous en remettre à la cheffe de gare pour réussir à monter dans le train suivant. Pour les filles, c’est une épreuve tellement stressante que le train, a priori, ne sera plus une éventualité…

Mais après quelques sueurs froides, nous arrivons à bon port, vendredi soir, à Ulm, où nous retrouvons Albert et Christiane qui nous offrent un week-end de repos à l’hôtel. “Tout est tellement parfait”, s’enflamme Hélène dans la chambre. Et oui ! Deux lits douillets, une baignoire, une piscine au rez de chaussée, un petit déjeuner “pantagruélique ou gargantuesque”. Ça change du côté spartiate du camping sauvage!

Nous flânons dans les rues vivantes d’Ulm où nous avons la chance d’assister par hasard à un concert d’orgue dans la cathédrale protestante qui domine la ville. À la demande d’Hélène, nous faisons l’ascension de ce clocher qui est le deuxième plus haut d’Europe après celui de la Sagrada Familia à Barcelone.

Nous goûtons à la cuisine populaire “swaube” dans un resto traditionnel, première véritable expérience culinaire du périple (en dehors des pâtes et des “wurstes” (saucisses) quasi quotidiennes !).

Ce soir nous retrouvons le bord du Danube. Mathilde, apprentie “naturaliste” observe une grenouille. Hélène bouquine. Un oiseau chante. Nous allons monter une nouvelle tente qui remplacera notre plus vieille, plus du tout imperméable… Nous allons aussi savourer deux nouveaux matelas non percés. Merci papy pour le transport du matériel depuis Paris.. mais aussi pour le délicieux Saint-Nectaire qui parfume nos gnocchis du soir !

Entschuldigung !

Chouettes retrouvailles avec Marie, Nessim, Adèle et Juliette au camping inoubliable de Mandeure, près de Montbéliard.

Les filles apprivoisent le hamac comme agrée de cirque !

Bivouac bucolique au bord du canal du Rhône au Rhin

A fond les ballons dans la forêt

Visité très interactive du musée historique de Mulhouse

Passage de la première frontière du voyage. Depuis, on a dû en traverser une dizaine entre la Suisse et l’Allemagne !

Temps calme de lecture avant la nuit de camping sauvage

Premier passage en Allemagne !

Après la tempête vue du parking d’Aldi, on enfile les tenues de pluie

Selfie famille aux Chutes du Rhein (Rheinfall).

Kohlanta dans la forêt, on doit tout décharger pour enjamber un chêne déraciné par la tempête.

Superbe arc en ciel après cette journée “horrible”, selon les biclouchoupettes

Soirée récompense dans un super camping suisse à Stein am Rhein. On ne se refuse rien après une semaine de bivouac!



Vous ne l’avez sans doute pas remarqué, mais nous avons un petit jour de retard sur ce blog “de l’an 25 avant Elon Musk”.

Et pour cause, nous avons essuyé une véritable tempête, hier, entre la Suisse et l’Allemagne. Rien de moins !

Petit placement publicitaire pour Aldi, qui nous a permis d’échapper au déferlement soudain de vents très violents. Au plus fort de l’orage, juste après avoir fait nos courses, nous avons pu nous réfugier avec d’autres clients entre les portes automatiques du supermarché.

Suite à ce déluge, nous avons repris la route et constaté les dégâts, impressionnants. Des arbres pliés, déracinés, un peu partout sur notre chemin. Il a fallu escalader un chêne couché, puis contourner un autre tronc alors que le tonnerre grondait encore…

“C’est la pire journée !”, a plusieurs fois observé Mathilde, qui n’a pourtant pas manqué de courage, comme sa soeur, pour pédaler entre deux orages.

Nous avons parcouru 49 km, souvent sous la pluie, avant de trouver un endroit où camper… Nous avons cependant eu droit à une trêve touristisque, le temps de parcourir, un peu ahuris, le sentier très “instagrammable”des chutes du Rhin.

Hormis cette journée un peu spéciale, nous avançons joyeusement, chaque jour un peu plus. Le compteur affiche un total de 613 km.

Les filles ont passé leur première frontière à vélo, à Bâle. Elles sont étonnées d’être des étrangères, de ne pas comprendre la langue allemande ou de découvrir des moeurs différentes.

Le bivouac est plus compliqué ici. Nous essuyons pas mal de rappels à la loi, ce qui rend certaines situations extrêmement drôles. Il y en a tellement que nous vous les raconterons un jour de vive voix !

Depuis mardi, nous passons de l’Allemagne à la Suisse en fonction des méandres du Rhin. Les villages sont souvent très jolis, avec leurs maisons à pans de bois, on en prend plein la vue.

Ce soir, une semaine après avoir campé avec nos amis strasbourgeois Marie et Nessim, nous nous offrons le luxe d’un camping en Suisse, à Stein am Rhein. Très beau village aux murs peints, entouré de vignes qui tombent dans le Rhin.

Demain, nous aborderons la côte nord du lac de Konstanz (une pensée pour la cousine et la copine de Mathilde!), avant de rejoindre le Danube.

Encore une semaine passée, les vacances touchent à leur fin. Le voyage va pouvoir commencer ! A partir de mardi, nous sortons les manuels scolaires des sacoches bleues.

Bon courage à toutes celles et ceux qui font la vraie rentrée ! Tchüss des bords du Rhin en Suisse !


Daï daï !

C’est depuis le bord du Doubs, juste avant Clerval, que nous prenons le temps de partager ici notre première semaine de voyage à vélo en famille.

Première semaine au bout de laquelle nous sommes déjà loin… Loin dans nos têtes, loin dans les guiboles, loin sur la carte avec déjà 305 km au compteur.

Il faut dire qu’il y a de l’énergie, chez les bicloucipedistes, petits et grands confondus !

Ça fait “ding ding” sur la piste cyclable, ça chante, ça discute, ça met la musique à fond (Et oui, nous sommes entrés dans le 21 ème siècle avec une enceinte connectée). Les filles pédalent à un rythme étonnamment soutenu quand on leur met Shakira. C’est d’une efficacité redoutable ! Par respect pour les pêcheurs (et pour nos oreilles), nous baissons quand même souvent le son.

Les premiers jours ont été très “chauds” en degrés celsius. Samedi dernier, nous avons fini dans un camping avec piscine en milieu d’après-midi. Hélène et Mathilde ont très bien vécu cette adaptation au réchauffement climatique.

Dimanche, nous avons retrouvé le petit frère d’Antoine, Simon, et sa compagne Coraline, sur la voie verte à Givry. Après un pique nique gargantuesque, Papy Albert et Christiane nous ont rejoints pour le café. Ils étaient là pour ramener tonton Guillaume dans son foyer. Un petit bonus “famille” apprécié et totalement improbable !

A Chalon-sur-Saône, nous avons rejoint la fameuse Eurovélo 6, voie cyclable que nous suivrons jusqu’à Wien, en Autriche. C’est un sacré confort pour nous, parents. Et pour les filles, c’est la liberté !

Mathilde aime rester derrière le convoi pour, dit-elle, “avancer à ma vitesse”. Hélène est souvent loin devant pour jouer le rôle d’éclaireuse. Elles se retrouvent de temps en temps, de front, et testent des figures à vélo (il vaut mieux, pour nous, ne pas les voir !).

Mardi soir, nous avons eu la joie d’être hébergés chez Hélène et Yves, à Dole, dans le Jura. Une douche chaude, une lessive, un délicieux repas, une soirée musicale et un lit douillet. En plus de recharger les batteries, cette étape nous a permis de (re)découvrir des amis de nos amis saillantais, Franck et Sakina. Merci à eux!!

La vie itinérante nous mène à de nouvelles habitudes. Sans nous presser, nous adoptons un rythme assez soutenu avec une moyenne de 39 km par jour. A ce rythme, nous allons la voir, notre Italie!

Nous réalisons sur ce chemin qui débute que l’école va être présente en douceur dans notre quotidien. Chaque soir, les filles rédigent ou dessinent leur journée. Elles se couchent en lisant un bout de roman. Mercredi, elles ont observé le fonctionnement d’une écluse. Hier, à Besançon, elles ont visité le musée du temps et de l’horlogerie. Les statistiques du compteur sont l’occasion de calculs mentaux… En plus des outils de travail gentiment préparés par Maître Yoan et Maîtresse Séverine, elles auront de quoi étoffer leurs connaissances du monde qui les entoure.

Merci la vie , merci la famille et les amis ! Nous nous sentons extrêmement chanceux, même sous l’orage jurassien, de trinquer à cette aventure avec un bon petit Savagnin.

C’est le jour 1 !

L’aventure a commencé ce vendredi 14 août 2026 avec un départ à midi de Charnay Les Mâcon, en Saône et Loire.

C’est là que notre périple en amoureux s’était terminé en 2014. La boucle des bicloucipédistes est bouclée !

Un coucou à Mamie Eliane, l’arrière grand-mère des filles, qui a prévu des gâteaux pour les premiers coups de barre.

Derniers bricolages des vélos avec notre super assistant papy Didier.

Et nous voici lancés en direction de Cluny!

Tout nous semble étonnamment “normal”. Les émotions étaient presque plus fortes au moment de quitter Saillant, notre cocon auvergnat.

Nous profitons d’un pique nique pour retrouver nos amis Marie et Nessim à La Roche Vineuse. Nous les reverrons en Alsace. Si tout va bien, ils auront la carte d’identité d’Hélène qu’on a réussi à oublier (merci Lucette 🙂

Les filles sont volontaires et curieuses de tout ce qu’elles voient sur la véloroute : des cigognes, des cygnes, des ragondins, des Charolaises, des châteaux…

Dans ce climat caniculaire, nous avons la chance de traverser le tunnel du Bois Clair où il fait 11 degrés toute l’année. C’est le plus long tunnel cyclable d’Europe (et peut-être même du monde !!). Antoine fait résonner sa voix en criant : “On part en voyage!”.

Après une glace et un apéro bien mérités dans un biergarten bourguignon, nous plantons les tentes au bord de la Grosne derrière le magnifique Château de Cormatin.

35,5 km pour cette première étape!

La nuit de bivouac est très agréable. On observe les étoiles filantes avant d’aller rejoindre nos duvets.

La vie est belle. On va se donner le temps d’en profiter !

Plus belle la vie !

Bonjour à tous,

On a repoussé, repoussé, repoussé… Mais arrive un jour où il faut bien se rendre à l’évidence. Notre voyage est terminé et il est temps de conclure ce périple avec vous.

Nous tenons, avant tout, à remercier infiniment toutes les personnes que le hasard a mises sur notre route, que ce soit le temps d’un feu rouge ou d’une longue soirée autour du poêle. Ah ça oui, on peut le dire, elle est sacrément belle, la petite portion d’humanité qu’on a rencontrée. Des kilos d’oranges reçus en Italie aux délicieux fromages des bergers de Roumanie, sans oublier les pintes de bière offertes dans les pubs irlandais, on a été plus que gâtés. Dans les situations plus difficiles, nous retiendrons le dévouement d’un Panagiotis grec, à Kalamata, de notre hôte Poncho, à Athènes, ou de l’artiste Béla, en Hongrie. Oui vraiment, ce que nous retenons principalement de cette aventure, ce ne sont pas les paysages d’Europe, aussi somptueux soient-ils, mais l’amitié et le partage spontanés avec tous ces inconnus. Grâce à eux, nous rentrons plus forts, plus confiants, remplis d’une sacrée dose d’énergie.

Nous souhaitons également vous remercier vous, lecteurs occasionnels ou fidèles, car cet échange virtuel nous a permis de mettre des images et des mots sur ce que nous vivions chaque semaine. Vos commentaires et autres messages personnels nous ont permis d’avancer en nous sachant suivis, soutenus. Dés que nous en aurons les moyens, nous ferons une version papier du blog, histoire d’en conserver une trace en cas de grande panne internet.

Merci à nos parents, nos frangines et frangins, nos grands-parents, nos cousins, oncles et tantes qui ont cru en notre projet un peu fou. Merci à la famille, en somme. Merci à tous les invités du mariage qui ont largement contribué à notre départ pour de longs mois. Et enfin, merci aux copains. Sans vous, on n’est rien !

On souhaite un bon vent dans l’dos à tous ceux qui ont roulé avec nous. Bon atterrissage à Bérengère et J-B, à la Fameuhly, et bonne continuation à Jake et Russell pour leur grand tour du monde.

Maintenant, place à la suite. Car des nouvelles, il y en a ! Après un petit tour de retrouvailles, nous avons fait les vendanges en Champagne, chez Marie et Olivier, dans une ambiance très festive. Cela nous a permis de nous renflouer pour emménager dans une grande coloc à 6 au cœur de Marseille. Nous vivons dans un immense appartement comprenant un patio au premier et une terrasse sur le toit avec vue sur la Bonne Mère. Le luxe. Nous le partageons avec des artistes, c’est pas triste. Des jongleurs et une danseuse qui ont tous de beaux métiers à côté ou au sein de leurs passions. Catherine a pu se remettre au piano et bientôt à la danse, Antoine apprend à jongler.

Côté professionnel, on a bien avancé. Antoine intègre une formation de charpentier de marine à Marseille. Il va pouvoir nous construire un bateau pour notre prochain voyage, héhé. Catherine vient d’être embauchée comme secrétaire de rédaction à CQFD, un mensuel anarchiste de critique et d’expérimentations sociales. Mais bon, elle attend le feu vert de Pôle Emploi pour être éligible au contrat aidé… Elle va aussi continuer de temps en temps à écrire pour La Décroissance, dans la rubrique simplicité volontaire qu’elle affectionne tant. N’hésitez pas à vous abonner !

Bref, tout va bien dans le meilleur des mondes. Pourvu qu’ça dure… On ne vous met pas de photos, on préfère que vous veniez voir par vous-mêmes la jolie ville de Marseille. On vous le promet, ça vaut le détour…

Bonne chance à vous tous pour la suite ! Au plaisir de vous revoir.

Antoine et Catherine, alias les bicloucipédistes.

 

Dernière ligne droite…

 

Bonjour à tous !

C’est autour d’un verre de Montagny que nous rédigeons le dernier billet du voyage, attablés au café de la gare de Buxy, en Bourgogne…en France ! Nous sommes à moins de 100 km du terminus de cette formidable année de vadrouille. Le temps des retrouvailles approche. Celui de dire au revoir à notre vie nomade aussi. Nous venons de réaliser un rêve, mais ce n’est pas fini, il nous en reste plein les sacoches !

Nous avons quitté Bérengère et JB hier soir à Chalon, après plus de 1000 km roulés ensemble sur le chemin du retour. Forcément, au moment de nous dire au revoir, les larmes ont coulé. Leur amitié est un précieux cadeau de fin de périple. Nous ferons tout, malgré la distance, pour la conserver. Rendez-vous est déjà pris pour le festival du voyage à vélo de Paris, en janvier. En attendant, nous leur souhaitons bonne route et surtout, bon atterrissage à Saint-Malo.

Les derniers kilomètres en Allemagne et en Suisse se sont faits avec eux dans la bonne humeur, malgré un temps de cochon. Nous avons suivi le Rhin jusqu’à la frontière française, à Bâle, après une dernière nuit à l’étranger haute en couleurs. Nous sommes tombés sur une fête de village à Wallbach. A une heure du matin, après une dernière tournée gratuite de currywurst, nous avons demandé où planter nos tentes. Un grand moustachu, Karl, nous a invités à passer la nuit dans sa caravane vintage, dans la cour d’un musée d’antiquités. Au réveil, café et brioches nous attendaient sur un vieux tracteur. C’était parfait pour une dernière expérience de l’hospitalité spontanée.

Au passage de la frontière française, là aussi, les larmes ont coulé. Nous étions tous très heureux de revoir le pays, ses PMU, ses boulangeries, ses charcuteries, ses petites épiceries. Le simple fait de dire « bonjour » aux passants nous remplissait d’excitation. Nous avons fêté ça lundi matin, à Mulhouse, avec une tournée de pains au chocolat.

Nous avons ensuite roulé jusqu’à Belfort, où nous étions attendus par Pascal et Pascale, deux cyclos que Bérengère et JB avaient croisés en Grèce, sur l’île de Lesvos. Nous avons passé deux journées chez eux au chaud, à savourer de bons repas végétariens et profiter d’une douche bienvenue. Merci mille fois !

Avant de nous séparer de nos amis bretons, nous avons saisi toutes les occasions de faire la fête : passage de nos 15000 km, anniversaire de notre première année sur la route, anniversaire du PACS de Bérengère et JB… Nous avons fait un dernier feu de camp sur une île de la Saône, en utilisant le carnet de la frangine Marie pour chanter à tue-tête jusqu’à deux heures du matin. « Buvons encoooooore, une dernière foiiiiiiiis, à l’amitié, l’amour la joie, l’amour la joie ». Les propriétaires de l’écluse ont dû apprécier nos voix, eux qui avaient écrit sur leur maison « le silence est d’or »…

Demain, nous arrivons à Mâcon, chez mamie Eliane. Nous sommes impatients de la retrouver. C’est chez elle que nous poserons nos sacoches et notre vélo pour aller plus tard à votre rencontre –en train- à Lyon, en Ardèche, en Auvergne, à Marseille et en Champagne.

Sur ce, on vous embrasse et on vous dit, pour de vrai cette fois, à tout bientôt !

Convoi exceptionnel

Tchüss !

Chers amis, chère famille, c’est sans doute la dernière fois  que nous vous écrivons de l’étranger. Enfin, dernière fois… jusqu’au prochain voyage, bien sûr !

Comme vous vous en doutez, la finale de la coupe du monde est pour nous l’occasion de faire une sacrée fiesta avec les Allemands. Si nos souvenirs sont bons, nous retrouvons notre tente à 5 heures du matin. Autant dire que le réveil est difficile. ..Un tantinet ambitieux, nous décidons tout de même de reprendre la route. Après vingt petits kilomètres, nous finissons par déclarer forfait pour poser le campement au milieu des limaces. Rien d’idyllique, certes, mais pour dormir le plus tôt possible, nous ne sommes pas très exigeants.

Après deux journées de calme réparateur, nous retrouvons nos amis Bérengère et JB à Dillingen. Heureux de reformer le quatuor, nous  reprenons d’emblée nos interminables conversations et fous rires le long de l’eurovélo 6.

La frontière française approchant, nous parlons de plus en plus du retour, partagés entre la hâte de retrouver les nôtres et l’angoisse de reprendre la vie à zéro. Cette ambivalence se traduit même dans notre façon d’avancer. Impatients de déguster notre première baguette, nous allons pourtant de plus en plus lentement, profitant de la moindre halte baignade dans le Danube, ou retardant l’heure du coucher pour rester ensemble autour du feu. Il faut dire que nous nous rencontrons à un moment très intense du voyage, la tête remplie de souvenirs impérissables et de projets pour l’avenir.

A Sigmaringen, une chouette surprise nous attend. Nous tombons par hasard sur la fameuhly, qui voyage à quatre sur de pittoresques tricyles couchés. Nous ne les avons pas revus depuis Athènes. Au moment des retrouvailles, l’émotion est à son comble. Manu, Hélène, Léo et Malo vont se joindre à nous pour la suite du périple. Nous sommes désormais huit en file indienne sur l’eurovélo 6, un vrai convoi ! Nous rentrons tous en France après un an sur les routes. Nous faisons tinter fort les sonnettes. Nos campements sauvages sont assez impressionnants. Trois tentes, sept vélos, une grande bâche tendue pour abriter nos repas et nos parties de kem’s.

Dans la joie et la bonne humeur, nous avançons ensemble vers le connu et l’inconnu : notre pays, nos amis, nos familles, nos nouvelles vies à construire. Nous sommes émus et nous le serons plus encore dans quelques jours, au moment de dire tout simplement “bonjour” aux douaniers alsaciens.

A très bientôt !

 

Six roues libres

Guten Tag !

Aujourd’hui, nous sommes au bon endroit au bon moment : en Allemagne, le jour de la finale de la coupe du monde. En mauvais perdants, nous leur en voulons un poil d’avoir éliminé la France, mais s’ils gagnent, nous serons plus que partants pour faire la fête avec eux !

Nos dernières nouvelles remontent donc à Vienne. A peine sortis de la capitale autrichienne, nous tombons sur deux jeunes cyclos bretons, Bérengère et JB, qui rentrent aussi d’un an de baroude à vélo autour de l’Europe.  Nous nous arrêtons pour discuter une heure, puis deux, avant de décider de nous retrouver plus tard pour pédaler ensemble sur l’eurovélo 6. Une chouette perspective !

Nous continuons seuls notre route palpitante le long du Danube. Des digues, des barrages, des digues, des barrages…  Soudain, après Krems, la piste nous éloigne du fleuve pour nous faire passer au milieu des vignes et des villages du Wachau. Nous croyons rêver. La route est belle, variée, il y a même un peu de relief. Seul bémol : les caves sont trop chics pour qu’on ose s’arrêter faire une dégust’…

Nous nous organisons une pause “match” France-Allemagne à Melk, une jolie bourgade dominée par une imposante abbaye baroque. Mais en arrivant à l’office du tourisme, c’est un bar avec écran géant que nous demandons. Il faut assumer sa beaufitude dans ces cas là ! Après la défaite, nous partons, tout penauds, chercher un endroit où camper le long du Danube.

Le lendemain, stimulés par notre possible rendez-vous à Passau avec Bérengère et JB, nous faisons près de cent kilomètres. Nous nous arrêtons quand même à Linz. Catherine a une pensée émue pour mémé Monette qui réussissait si bien la tarte  originaire d’ici. Nous en goûtons une part dans un café, plutôt bonne, mais bien sûr, rien à voir avec celle de mémé…

Le passage de frontière avec l’Allemagne est invisible : pas de panneau, pas de changement de langue ni de monnaie. Une fois arrivés à Passau, nous appelons nos nouveaux copains pour les retrouver à la gare. Nous avons fabriqué un petit écriteau “herzlig wilkommen” pour les accueillir. C’est parti pour quatre jours de bavardages et de fous rires le long de l’eurovélo 6. Nous n’arrêtons pas de discuter. Les pauses pique-nique, remplissage d’eau, courses (à Netto) durent beaucoup plus longtemps que d’habitude. Nous avons tellement à échanger sur cette année commune passée sur les routes d’Europe. Lecteurs de La Décroissance, ils partagent aussi avec nous beaucoup d’idées  sur le voyage à vélo et sur la vie en général.  Les kilomètres ne défilent pas autant que d’habitude, mais qu’est-ce qu’on s’amuse !

Un soir, nous faisons une pause dans un biergarten. JB, qui connaît bien l’Allemagne, nous fait essayer la pinte d’un litre. Au moment de repartir, nous chantons fort, mais nous arrivons à nous perdre sur l’eurovélo 6…

Nous passons une dernière soirée feu de camp avec JB et Bérengère, avant de nous séparer à Regensburg. Ils ont rendez-vous avec des amis à côté de Munich. C’est toujours dur de dire au revoir, même quand on a passé l’année à faire ça. Nous avons toutefois bon espoir de les recroiser plus loin.

Sur ce, il nous reste quelques kilomètres à faire avant de trouver un camping près d’un biergarten pour regarder le match. On vous embrasse et on vous dit à bientôt ! En août, promis.