Les Bicloucipédistes

Kouroukoukou stoïch stoïch !

Mathilde fait coucou aux bateaux de croisière qui serpentent le Danube
Amitié éphémère avec une mante religieuse peu farouche !
Heinrich nous fait passer par la gare de L’Empereur.
Dans la grande galerie de Sissi
Ascension à vélo pour une église dessinée par l’architecte “art nouveau” Otto Wagner.
La très longue ligne droite entre Vienne et Bratislava
Passage de la frontière slovaque
Mélancolie des bicloucipédistes au moment de dire au revoir au Danube
Bivouac sous les éoliennes après la journée à Bratislava
Cap au sud pour rejoindre un jour l’Italie !
Le phare du lac où nous dormons ce soir, avant de descendre vers la Hongrie et la Slovénie.



A hauteur d’enfant, Hélène et Mathilde sont probablement en train de vivre un moment “incroyable” à Podersdorf Am See, en Autriche.

Après 36 km de plaines agricoles et de parcs à éoliennes, nous sommes arrivés dans cette ville balnéaire suffisamment tôt pour que les filles aient le temps d’essayer tous les jeux de la plage. Et ils sont nombreux !

Hors saison, l’accès au parc du lac n’est plus payant. Nous en profitons amplement, comme les locaux qui sortent de l’école ou du boulot. De notre côté, nous écrivons ce compte-rendu hebdomadaire confortablement installés dans de grands transats en bois, face au coucher de soleil sur le lac de Neudersiel. Ô joie de vadrouiller à contre temps !

Il y a tout juste une semaine, nous débarquions à Vienne, chez Heinrich, notre hôte “warmshower”. Warmshower est un réseau d’hébergement gratuit pour les cyclo voyageurs. Nous l’utilisons depuis 2010, à la fois comme hôtes et comme invités, et nous adorons ce principe d’accueil non monnayable.

Les filles l’ont totalement approuvé en découvrant la gentillesse d’Heinrich et le confort de sa maison à 10 petits kilomètres du centre de la capitale autrichienne. Nous avons cuisiné avec lui de vrais repas, pris des douches plus que nécessaires et dormi dans de vrais lits. Le confort moderne est tellement apprécié quand on sort de 10 jours de bivouac !

Nous nous sommes sentis si chaleureusement accueillis par Heinrich que nous avons volontiers accepté de rester trois nuits plutôt que deux. Il fallait bien ça pour découvrir quelques unes des richesses de Wien !

Amoureux de sa ville natale, Heinrich a pris le temps de nous guider à vélo dans le centre historique, mais aussi jusqu’au sommet d’une colline où Otto Wagner, grand architecte d’art nouveau, a fait construire une église magnifique. Il nous a aussi emmenés manger dans un resto au 11ème étage d’un ancien bunker. Vue imprenable (et vertigineuse) sur la ville !

Quand Heinrich nous a quittés pour travailler dans son atelier de mécanicien vélo indépendant, nous avons visité le musée Sécession avec sa grande frise de Gustav Klimt à découvrir en écoutant la 9ème Symphonie de Beethoven. Concept aussi étonnant qu’émouvant !

Nous avons aussi emmené les filles voir le célèbre Château de Schönbrunn, palais d’été des Habsburg dans lequel Sissi a traîné ses angoisses de femme qui refuse de vieillir … La vie de princesse n’est pas aussi rose qu’elle en a l’air ! Mais le château, lui, donne envie d’appartenir à ce genre de lignée !

Vienne a clairement conquis le coeur de tout l’équipage des bicloucipédistes. Hélène a notamment retenu l’invitation d’Heinrich : “si jamais un jour elle devait étudier dans cette ville, elle pourrait y avoir une chambre”…

Après un tour dans la plus ancienne Grande Roue du Monde, nous avons fini par retrouver, vendredi soir, notre Danube. Avant la nuit, nous avons monté la tente in extremis dans une zone “sans textile”. Dernière chance avant de traverser une immense raffinerie de pétrole. Le lendemain matin, nous avons eu droit à l’installation tranquille d’un naturiste, ce qui a fait l’objet d’échanges philosophiques sur la nudité, la pudeur, la liberté, tout ça tout ça !

De Vienne à Bratislava, il n’y a eu que deux journées de vélo. A peine le temps de se préparer à notre immersion très courte en Slovaquie.”Dobry den, dakujem”… Pas facile de passer de l’allemand au slovaque ! Pas facile non plus d’arriver dans un nouveau pays sans avoir téléchargé la carte de notre appli de navigation…
Dimanche soir, après avoir réglé quelques problèmes techniques, il nous a fallu trouver un bivouac à moins de 8km de la capitale, Bratislava. Entre une route périurbaine assez fréquentée et le Danube, nous prenons un chemin de traverse. Et là, Antoine se tient soudainement accroupi en nous faisant signe de nous taire. Nous le rejoignons silencieusement et découvrons, à moins de 10 mètres de nous, un grand cerf totalement improbable !

Hier, lundi, nous avons arpenté Bratislava et ses ruelles colorées. Nous y avons dégusté un repas slave fort savoureux (pierogis, fromage de brebis, aneth et un lard frit tellement bon qu’on dirait des grattons !).

Nous avons quitté la capitale slovaque en traversant une dernière fois le Danube. Nous nous sentons orphelins sans ce grand fleuve pour nous guider. Mais nous allons nous y faire. Et ce soir, de retour en Autriche, nous sommes un peu comme à la maison. La langue n’est plus un obstacle. Les filles arrivent même à se faire des copains.

Nous sommes un peu anxieux à l’idée de mettre le cap au sud. Peur des reliefs et des routes moins réservées aux cyclistes. Mais nous allons nous adapter !

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