










Dernier pique-nique en Slovénie, ce jeudi midi. A 10 kilomètres au nord de Trieste, nous tournons le dos à la mer Adriatique, qu’il nous tarde pourtant de découvrir.
Face à nous, au loin : un massif alpin enneigé. Près de nous : des murs en pierre sèche, le parfum de l’origan sauvage, une petite herbe sèche et douillette… Il fait tellement doux, soudain, qu’Antoine en a perdu son pull fétiche ! Il est bon pour un aller retour à Sežana, petite ville où nous avons fait les courses…
Très émus à l’idée de fouler le sol italien, objectif ultime de ce voyage, nous savourons toutefois nos dernières heures en Slovénie. Ce pays, tout petit en superficie, nous aura offert de grands moments d’émotions et d’émerveillement.
Nous sommes en premier lieu touchés par les sourires, les pouces, les “bravo” , les petits coups de klaxon bienveillants que nous avons eu le plaisir de croiser sur la route. Merci à Franc pour son accueil mémorable. Merci aux ouvriers attablés dans une petite “gostilna” qui ont commandé deux panna cotta pour les filles ! Merci à Mateus qui nous a guidés vers un superbe lieu de bivouac après Ljubljana. Merci à celles et ceux qui ont rempli notre réserve d’eau sans chichi. Bref. Vous l’aurez compris, nous avons trouvé les Slovènes sympas!
La route, elle, n’a pas toujours été clémente avec les biclous… Entre les dénivelés positifs et le trafic parfois très oppressant, nous avons eu notre lot de sueurs froides et chaudes !
Cette semaine, les filles ont largement mérité le surnom de Pogačar, célèbre vainqueur slovène du Tour de France. Nous avons passé avec elles plusieurs cols qui marqueront leur petite vie de cycliste.
Le plus dur fut sans conteste celui de Kozjak, à 653 mètres d’altitude à l’Est de Kamnik. Les dernières pentes étaient si raides que Mathilde a dû mettre pied à terre. Impossible de la laisser seule en queue de peloton sur cette route passante et sans voie cyclable. Antoine a terminé l’ascension en solo au guidon du tandem pendant que Catherine poussait le vélo avec Mathilde. Hélène a relevé le défi de monter jusqu’au col sans se laisser perturber par les véhicules qui la doublaient dans les virages.
Nous avons passé d’autres cols depuis et nous sommes heureux que les filles aient aussi pu apprécier l’un des plus importants, avant-hier, entre Postojna et les grottes de Škocjan. Il était long, mais régulier, avec une vue dégagée sur les montagnes environnantes. “C’était mon plus beau col !”, s’est exclamée Mathilde à l’arrivée, après 8 km de montée ! Et oui, quand on grimpe, en principe, l’effort est récompensé. Ce fut le cas partout en Slovénie avec, en prime, des couleurs d’automne flamboyantes.
Oui oui, nous nous emballons ! Et ce n’est pas terminé !
Nous étions pourtant moins enthousiastes, en milieu de semaine dernière, quand nous avons ouvert la tente au petit matin et réalisé qu’elle était gelée… L’hiver a débarqué sans crier gare avec la pluie et les nuits en dessous de zéro.
Pour la première fois du périple, nous avons eu recours à un logement “en dur”. Dur dur pour le budget, mais nous n’avions pas la force de lutter contre la météo glaciale. Avec le recul, nous avons bien fait ! La capitale, Ljubjlana, fut l’occasion de dormir deux nuits de suite au chaud dans un petit appartement proche du centre. Nous avons bien arpenté les rues autour de la rivière Ljubljanica. La galerie nationale de Slovénie a permis aux filles de faire un beau voyage dans l’histoire de l’art avec la Slovénie en toile de fond. Super moment pour toute la famille à l’abri de la pluie dans un somptueux bâtiment.
Dimanche, avant de quitter la capitale, nous avons profité d’un ciel moins gris pour monter jusqu’au château qui offre une vue sur la ville et les montagnes alentour, déjà blanches !
Dans la chapelle ouverte au public, un calligraphe animait un petit atelier. L’artiste a écrit sous nos yeux les prénoms de Mathilde et Hélène. Nous avons aussi eu droit à un romantique “Amor Vincit Omnia”. L’homme, dans un élan spontané, a repris un papier pour offrir aux filles un dernier message : “Carpe Diem”. En leur donnant tous ces mots sur papier, le poète a demandé aux filles de respecter la prescription suivante : ” D’abord, l’école. Ensuite, les livres. Après, le sport. Pas de téléphone portable, pas de Tiktok et aussi… pas d’amoureux avant 20 ans !”.
Nous validons ces recommandations mais pour l’amour, nous les laisserons libres !
Après Ljubjlana, nous avons mis le cap sur des routes montagneuses afin d’atteindre les célèbres grottes de Škocjan, classées à l’Unesco en 1986. Difficile de mettre des mots sur ce lieu qui ne peut que faire parler l’imaginaire de chacun. Mais c’était majestueux ! Nous avons marché à flanc de canyons dans des grottes gigantesques, sobrement éclairées. Atteinte d’un vertige difficilement contrôlable, Catherine a quand même réussi à traverser la passerelle à 47 mètres de haut sans dire de gros mot !
Nous sommes ici en pleine région karstique. Il y a des grottes absolument partout. Ce matin, après avoir décampé d’un pré à Lipica, nous sommes allés voir la “jama malanca” , une grotte naturelle en pleine forêt. Nous sommes entrés par une grande ouverture située dans un cratère de dolina. Avec nos lampes de poche, nous avons joué pendant plus d’une heure aux aventuriers spéléologues. Des stalagmites, des stalactites, des colonnes, des orgues… Un trésor inimaginable dans lequel nous avons pu déambuler librement, seuls au monde. De quoi nourrir notre emballement collectif pour ce fabuleux pays qu’est la Slovénie !
Antoine a retrouvé son pull sur le parking d’Eurospin. Les filles ont fini leur session “travail d’école”. Devant nous, toujours ces montagnes hautes et blanches. Ces Alpes que nous avons patiemment contournées via la Suisse, l’Allemagne, l’Autriche, la Slovaquie, la Hongrie puis la Slovénie. Nous les voyons désormais depuis le sud. Demain, nous serons en Italie. On vous laisse imaginer les larmes d’émotions qui risquent de couler en voyant la mer, après un petit détour de 2300 km !

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